12 mars 2026

Une rafale de superlatifs !


 Nous commençons à nous habituer (quoique difficilement) à ces discours à l’emporte pièce et à ce déluge de  superlatifs assaisonné de formules grandiloquentes qui tombe sur l’Amérique depuis que l’homme à la casquette est revenu au pouvoir. Presque chaque jour, « pour la première fois dans l’histoire »,  les Etats-Unis  connaissent un record absolu. Jamais le monde n’a connu cette « campagne sans précédent » menée en Iran, devenue une rapide « excursion »! Jamais il n’a connu un  tel faiseur de paix. Plus fort, plus puissant, plus riche, plus doué que ces Américains là : tu meurs !

Il faut dire qu’ils sont bien aidés par les autres prétendants au trône mondial. Le tsar de toutes les Russies, bien moins bavard, laisse parler les missiles au nez et à la barbe des Européens médusés. Quant au sphinx chinois, figé dans un sourire sournois, il n’a pas dit son dernier mot. Pendant ce temps, Israël et son protecteur réveillent les vieux démons fratricides qui avaient renvoyé Agar et son fils Ismaël  dans le désert, sauvés in extremis par la mansuétude du Dieu d’Abraham. Nous avions connu le « grand timonier » et voici « le guide suprême » qui meurt sous les bombes. La guerre devient divine et le « grand Satan » mène le bal !

Qui est ce Satan ?  Où est-il tapi ?

Inutile de le chercher exclusivement chez ceux qui crèvent les écrans. Toute proportion gardée, il habite en nous et se nomme « ego ». Chacun cultive depuis sa naissance cette graine spéciale qui fait de nous un être unique et responsable. Et n’est-il pas vrai que nous passons le temps à satisfaire et à développer notre « ego» originel ? Mais cette semence, qui devrait s’épanouir à « l’image et à la ressemblance de Dieu » notre Père et à offrir un miroir dans lequel l’autre puisse se regarder comme un frère, ne donne qu’une récolte de superlatifs qui nous droguent et nous gonflent de violence. Jacques et Jean, les apôtres, aidés par l’ambition de leur mère, ont bien failli eux aussi s’agenouiller devant leur « ego ».

Pas étonnant alors qu’à force de jouer avec les « plus », les « surdimensionnés » finissent par confondre Dieu et leur « ego » et enfilent le costume du dictateur, sous les yeux admiratifs de ceux qui n’ont rien vu venir. Superlatifs, attention : danger !

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