Jean- Claude, rencontré un matin de printemps: « J’ai assisté à une messe traditionnelle et j’y ai retrouvé l’ambiance bénie de mon enfance : Une liturgie bien ordonnée, quelques chants grégoriens, le sens du sacré. J’ai pu prier sans être distrait par des interventions diverses mal venues. Enfin une vraie messe ! »
Margot, le même jour: « J’ai abandonné la messe de ma paroisse. Je ne me retrouve plus dans ce cérémonial compassé, ritualisé, où le décorum compte davantage que la « mémoire » du Christ et où manifestement Dieu comprend mieux le latin que le Français. D’ailleurs, je me demande parfois si nous avons le même Dieu ! »
Excuse-moi Margot mais ni toi ni moi ni personne ne peut « avoir Dieu ». Ce verbe possessif trahit le fond du problème qui oppose aujourd’hui les catholiques entre eux ou certains courants religieux qui s’affrontent dans notre monde. Qui a (sous entendu) le vrai Dieu ?». N’est-ce pas l’image que nous nous faisons de Dieu qui, au lieu de nous unir, nous divise car chacun croit avoir découvert le Dieu véritable et essaie de le manifester si ce n’est dans sa vie du moins dans la prière liturgique.
Nous avons connu une période préconciliaire où il n’était pas rare que voir certaines paroissiennes égrener leur chapelet pendant que le prêtre et les enfants de chœur célébraient le « saint sacrifice » en hauteur, à distance du peuple, tournés vers l’orient comme il se doit. Il existait même à cette époque là des recueils de prières recommandées pour « suivre » chaque partie de l’eucharistie. Dieu se cachait dans sa gloire céleste, on craignait son courroux et on suppliait son aide. Les baptisés assistaient à l’office.
Quand le peuple chrétien a voulu s’associer davantage à la célébration du prêtre nous avons vu apparaître les manuels paroissiaux qui proposaient une traduction bienvenue des prières officielles enfilées en latin. Puis le Concile nous a offert la messe dite de Paul VI faisant place aux textes de la 1ère Alliance, permettant la concélébration et une participation des fidèles plus importante. Dieu se faisait proche et le Christ plus fraternel !
Nous avons assisté, en ce temps là, à un mouvement dit « d’enfouissement ». Autant Dieu s’était fait lointain, tout-puissant et intransigeant, autant des chrétiens, au nom du « Dieu très bas » cher à Christian Bobin, ont voulu manifester à leurs contemporains un Dieu compagnon d’une humanité en quête de justice et de fraternité. Le partage silencieux était leur programme.
Aujourd’hui, constatant les limites de cette pastorale et profitant d’un paysage culturel plus fragmenté et plus attestataire, les catholiques sont tentés de retrouver la splendeur supposée de l’Eglise d’antan avec l’approbation du vrai Dieu, remonté sur son trône de gloire, enveloppé dans des volutes d’encens rappelant la nuée qui entourait la Tente de la rencontre dressée par Moïse. Et nous assistons, parfois, à un concours de génuflexions appuyées, de processions bruyantes à grand renfort de dais et de plumeaux, oubliant le Jésus juché sur un âne pour entrer dans la Ville. Par ailleurs, la période du Covid a permis à beaucoup de chrétiens, souvent âgés, d’apprécier la liturgie digne et simple des Dominicains proposée par l’émission « Le jour du Seigneur ». Eloignée de ces assauts de solennité qui n’honorent que nos manières humaines ainsi que des aridités d’une simplicité qui frise parfois la vulgarité, elle offre une version équilibrée de notre cène.
Faut-il rappeler aux uns comme aux autres que personne, jamais, qu’il soit baptisé, prêtre ou pape, qu’il fasse appel aux décibels de l’orgue, aux vocalises du chant grégorien, aux dorures des ornements soyeux, personne, hormis Jésus le Christ, ne saurait traduire pleinement l’Etre Unique de Dieu. Jamais, non plus, l’enfouissement le plus profond ne saurait égaler l’abaissement de Celui qui « de condition divine…s’est anéanti » jusqu’à sa propre mort (Ph2).
Alors, merci à tous de vouloir manifester au mieux le nom et le visage de Dieu par des liturgies soignées nous souvenant que, dans ce domaine, le trop, dans l’apparat ou dans la nudité, dessert la juste attitude devant le Mystère. La discrétion et l’effacement des célébrants et animateurs s’imposent ainsi qu’un bémol sur notre caquet. C’est ainsi que nous serons transparents de l’Autre, nous mettant nous-mêmes en position de pécheurs et de priants. Jamais personne ne pourra revendiquer « avoir » le vrai Dieu. Le fait même de le penser et de le dire disqualifie le croyant. Alors, inutile de concourir dans une compétition liturgique à l’assaut du Dieu Roi de l’Univers ou de rivaliser dans le service silencieux de l’humanité. De toutes les façons le monde, jaloux de Dieu, se chargera de renvoyer les uns et les autres à leur échec apparent programmé depuis que la Croix a précédé la Résurrection et qu’elle s’avère incontournable.
23 mars 2026
Vrai Dieu ?
12 mars 2026
Une rafale de superlatifs !
Nous commençons à nous habituer (quoique difficilement) à ces discours à l’emporte pièce et à ce déluge de superlatifs assaisonné de formules grandiloquentes qui tombe sur l’Amérique depuis que l’homme à la casquette est revenu au pouvoir. Presque chaque jour, « pour la première fois dans l’histoire », les Etats-Unis connaissent un record absolu. Jamais le monde n’a connu cette « campagne sans précédent » menée en Iran, devenue une rapide « excursion »! Jamais il n’a connu un tel faiseur de paix. Plus fort, plus puissant, plus riche, plus doué que ces Américains là : tu meurs !
Il faut dire qu’ils sont bien aidés par les autres prétendants au trône mondial. Le tsar de toutes les Russies, bien moins bavard, laisse parler les missiles au nez et à la barbe des Européens médusés. Quant au sphinx chinois, figé dans un sourire sournois, il n’a pas dit son dernier mot. Pendant ce temps, Israël et son protecteur réveillent les vieux démons fratricides qui avaient renvoyé Agar et son fils Ismaël dans le désert, sauvés in extremis par la mansuétude du Dieu d’Abraham. Nous avions connu le « grand timonier » et voici « le guide suprême » qui meurt sous les bombes. La guerre devient divine et le « grand Satan » mène le bal !
Qui est ce Satan ? Où est-il tapi ?
Inutile de le chercher exclusivement chez ceux qui crèvent les écrans. Toute proportion gardée, il habite en nous et se nomme « ego ». Chacun cultive depuis sa naissance cette graine spéciale qui fait de nous un être unique et responsable. Et n’est-il pas vrai que nous passons le temps à satisfaire et à développer notre « ego» originel ? Mais cette semence, qui devrait s’épanouir à « l’image et à la ressemblance de Dieu » notre Père et à offrir un miroir dans lequel l’autre puisse se regarder comme un frère, ne donne qu’une récolte de superlatifs qui nous droguent et nous gonflent de violence. Jacques et Jean, les apôtres, aidés par l’ambition de leur mère, ont bien failli eux aussi s’agenouiller devant leur « ego ».
Pas étonnant alors qu’à force de jouer avec les « plus », les « surdimensionnés » finissent par confondre Dieu et leur « ego » et enfilent le costume du dictateur, sous les yeux admiratifs de ceux qui n’ont rien vu venir. Superlatifs, attention : danger !
27 février 2026
Mon pauvre vieux ! (1)
Essoré, par les ans, tu rétrécis. Tes gestes familiers réduisent leurs répétitions inutiles. Tes marches quotidiennes raccourcissent sous des prétextes aussi sages et aussi faux les uns que les autres. Tes diverses prothèses deviennent tes maîtresses. Elles exigent soins, réparations et entretien quotidiens. Tes bas de contention te demandent des contorsions d’astronaute entrant dans son sac de couchage. Ta zone d’influence a disparu des écrans. Relations et amis sont comme toi, occupés à survivre. Soignants en toutes spécialités et auxiliaires de vie sont devenus tes familiers attentionnés.
Alors, au lieu de gémir sous le vent et la pluie froide de l’hiver, plutôt que d’agripper, avant qu’elles ne s’envolent, les dernières feuilles qui te revêtaient d’un semblant d’apparence et de dignité, anticipe la chute et devance l’inéluctable sans prétendre les maîtriser.
Tu rétrécis, mon vieux ! Profites-en pour aller profond, jusqu’aux racines. Elles sont le gage de nouveaux fruits que tu espères dans le noir. En fait, tu es en train d’apprendre la radicale pauvreté. Celle que tu admirais chez les saints tout en augmentant ton nécessaire ! Ton vrai carême commence. Non plus celui que tu t’imposes et que tu choisis mais celui que tu redoutes d’autant plus qu’il ne te demande pas ton avis. La vieillesse arrache par lambeaux la peau du « vieil homme » qui, en toutes circonstances, trouvait toujours un motif de se satisfaire de lui-même. Enfin, tu deviens pauvre, pauvre de ton ego, cet ego qui renaît sans cesse de ses cendres!
Toi qui entoures des arguments les plus pastoraux et les plus théologiques ta volonté de marquer encore de ton empreinte la société et l’Eglise, souviens-toi de tes prédécesseurs dont on disait grand bien et qui jouissaient d’une bonne renommée. Qui, aujourd’hui, fait encore référence à eux, à part les intimes ? Vanitas vanitatum !
Ne dis jamais : « Je ne sers plus à rien » ! L’utilité de ton sacerdoce ne se mesure pas au nombre de baptêmes ou de messes célébrées dans ta vie. Sinon Jésus, ton Seigneur, aurait du souci à se faire !
Tu n’as peut-être plus l’occasion d’offrir une liturgie digne et nourrissante à tes frères chrétiens. Ne regrette rien ! Tu es en train d’apprendre que la simplicité vise à l’essentiel. Tout ce que les siècles ont accumulé en termes d’architecture, de vêtures, de postures, de musiques, d’orgueilleuses certitudes, toutes aussi « sacrées » les unes que les autres, a fini par réduire au rang des accessoires l’Unique sujet de toute célébration. On t’a dit que tout cela contribuait « ad majorem Dei gloriam » ! La gloire de l’homme s’est bien servie au passage !
Quand tu célèbres une eucharistie réduite à sa plus simple expression en actualisant l’unique Cène célébrée éternellement par le Christ, en communion avec l’assemblée des saints qui t’ont précédé dans le Royaume, dis-toi que tu es au cœur du Mystère … même si tu t’aperçois trop tard que tu avais mis ton étole à l’envers.
Ne t’énerve pas quand tes doigts gourds ont «sauté » une page de psaumes et que tu n’as pas récité en son entier l’office de ton bréviaire. Pose- toi une seule question : Ai-je un peu prié malgré ce dérapage digital ?
En parlant de prière, tu sens bien que tu ne peux plus compter sur la concentration de ton esprit pour sonder le message de la Parole de Dieu. Tes pensées vagabondent en tous sens et s’arriment sur la dernière conversation que tu as eue ou sur le visage de celles et ceux dont tu as reçu un appel téléphonique. Ainsi il t’arrive de faire défiler sans fin tout ton annuaire alors que tu devais t’adresser à Lui Seul. Tous font partie de ta vie, ils sont même ta vie. Inclus-les dans ton oraison. Confie-les au Seigneur ! Et si tu estimes trop pauvre ta prière, demande à Marie de la faire à ta place, elle sait comment s’y prendre pour être entendue ! « Prie pour nous pauvres pécheurs ».
De faux amis te diront qu’en cette période de pénurie de célébrants : « Tu devrais « faire le prêtre jusqu’au bout ». Cela ne les empêchera pas de glisser à l’oreille des autres paroissiens: « Tu as vu comme il a vieilli ! ». Recommande-leur simplement de relire les « Actes des Apôtres » et de se « faire chrétiens » comme l’étaient les membres des premières communautés ! Qu’ils se souviennent aussi que Jésus était encore prêtre quand il acceptait d’être aidé par un certain Simon de Cyrène et qu’il ressemblait plus à un bandit châtié qu’à un lévite du temple.
Bref, tu quittes à grand peine le royaume du « faire » et du « paraître ». Désormais, il te suffit « d’être » comme la première jacinthe qui annonce le printemps et qui s’en va après avoir été. Mais qu’est-ce qu’être pour un Adam et une Eve si ce n’est suggérer une « image et une ressemblance » de Dieu, mais… en ombre chinoise.
(1) Quand un vieux prêtre parle à son béret !
12 février 2026
Saint Blaise en Soule
N’invoquez pas St Blaise pour faire revenir le beau temps sur le Pays Basque ! Il pleuvait des cordes dimanche dernier quand l’Hôpital fêtait son saint patron. Mais chacun sait qu’avant de recevoir la mitre et à défaut de contrôler la météo, cet évêque d’Arménie du 4ème siècle s’était spécialisé dans les maladies de la gorge. Oto-rhino-laryngologiste avant l’heure !
L’Eglise du village, joyau de l’art roman, avait dû ouvrir l’accès à la tribune pour contenir la foule du grand jour qui doublait largement le nombre des habitants de la commune ! Nos deux techniciens de la radio locale occupaient les ondes pour atteindre les oreilles les plus éloignées.
La fête avait mobilisé les nombreux et énergiques bénévoles de la municipalité et de la paroisse confondues sous la houlette de quelques responsables bien rodés qui veillaient à l’exécution du programme prévu. St Blaise, présidait. Privé de procession, il restait sagement fixé sur son brancard devenu inutile. Au moment de l’Eucharistie, tous s’en donnèrent à cœur joie et à gorge déployée pour faire retentir cantiques souletins et français qui s’élevaient en volutes aériennes jusqu’à la voûte étoilée inspirée de l’art mauresque.
A propos de gorge, depuis le 4eme siècle, la médecine a mis largement à profit les dons de Dieu appelés « science et intelligence » pour remplacer les évêques guérisseurs. Il y a cependant dans la gorge un petit organe très utile, appelé la langue, qui permet à l’être humain de parler et de se distinguer ainsi de l’animal. Cette excroissance de la gorge est souvent si gravement malade qu’elle mérite le qualificatif de « langue de vipère ». Elle est redoutable ! Que de mots à double sens assassins, que d’adjectifs vénéneux, que de paroles tranchantes comme une épée, que de silences et de sous-entendus blessants…
Si l’intercession de St Blaise paraît moins nécessaire aujourd’hui pour juguler les angines, elle reste indispensable pour transformer cette arme maléfique en réserve de paroles justes, miséricordieuses, positives de sorte qu’elle illumine nos relations et qu’elle brille « sur le lampadaire » de nos familles et de nos communautés humaines et ecclésiales.
Gora Bladi saintia !
15 janvier 2026
« Réparation » (1)
Nous sommes les témoins quotidiens des graves dysfonctionnements qui affectent notre société. Pas une conversation qui ne s’achève sur une plainte dépitée ainsi formulée : « Ce monde devient invivable ! Et ce n’est pas la peine de compter sur nos gouvernants qui se complaisent à nous offrir un spectacle affligeant d’irresponsabilité et de partisannerie rare ! »
Si l’évêque d’Ajaccio avait ajouté un « s » au titre de son ouvrage, les passionnés d’automobiles ou de vieilles pierres auraient pu croire qu’il avait ouvert un garage ou une entreprise de BTP sur l’île de beauté. Ce n’est pas tout à fait le cas. C’est la société tout entière qui, d’après lui, se délite et qui a besoin non seulement d’une rénovation mais d’une reconstruction.
Pour ce faire, il consacre toute la première partie de son ouvrage à un diagnostic sans concession de l’état des lieux. Tout y passe et entre autres : « la méfiance » généralisée, l’accusation gratuite, le soupçon à priori, « le sadisme médiatique », « l’individu roi », « le goût amer des polémiques sans fin ». Le vocabulaire ne lui fait jamais défaut pour mettre des mots sur les maux pernicieux qui affligent notre vie relationnelle.
Pour compléter ces propos, un détour par l’ouvrage d’Olivier Roy « L’aplatissement du monde » aux éditons du Seuil peut s’avérer utile. L’auteur nous explique que la crise sociale actuelle découle de la disparition des bases de la culture commune remplacée par une inflation de codes lisibles uniquement par les initiés de la tribu.
Après cette échographie en profondeur vient le temps de dégager les points d’appuis sur lesquels il faudra rebâtir. Et le Cardinal Bustillo, reprenant peut-être les méthodes apologétiques, souligne chez les plus jeunes un « désir d’habiter autrement le monde », « le retour de la quête intérieure », « une autre manière d’exister ».
Enfin, il ose prononcer des mots qui semblaient enfouis à jamais par les « maîtres du soupçon » dans les limbes d’une humanité immature : « la foi qui relève », l’indulgence, la miséricorde, l’innocence sans naïveté, le pardon, le silence comme « acte de résistance », la bénédiction qui étonne et crée du neuf. A chacun de reprendre ces outils en main !
(1) Cardinal François Bustillo « Réparation » ed Fayard
01 janvier 2026
Nouvelle ère ou nouvel an?
Il faut cependant reconnaître que contrairement aux années précédentes qui englobaient « Noël » dans un vague « Bonnes fêtes », on lit et on entend parler de la « magie de Noël » dans les médias! Encore un petit effort, mesdames et messieurs les journalistes et la « nativité du Christ » trouvera un strapontin dans le théâtre de fin d’année !
Nos aïeux qui ont maîtrisé le feu ou découvert l’imprimerie ont cru, en leur temps, ouvrir cette ère nouvelle. Et il en a été de même chaque fois que l’invention d’une technique ou qu’un changement de régime politique a révolutionné notre quotidien : scission de l’atome, premier pas sur la lune etc… Malheureusement, le paradis terrestre se fait toujours attendre et un fonds de déception embourbe de plus en plus tout espoir renaissant. Mais cette fois nous y sommes : L’IA nous fera changer d’ère !
Alors pourquoi persister à faire tourner la terre autour du berceau de la crèche de Bethléem ?
Il y a plus de 2000 ans, le monde était religieux et l’on attendait tout des dieux. Ils habitaient les hauteurs des cieux et imposaient leurs lois ou leurs caprices à la terre. Ils communiquaient avec elle grâce à des subordonnés : anges, archanges ou autres messagers. Le monde des dieux ne pouvait pas se compromettre avec celui des humains ! Or voici qu’un enfant qui, à cette époque, ne comptait guère et n’était qu’un appendice de son père, un enfant futur charpentier, vient nous dévoiler son identité divine ! La vision du monde en est renversée. Les évangélistes ne s’y sont pas trompés. Ils ont présenté la venue du Christ selon deux « généalogies » qu’ils ont appelé « Genèse », le mot même qui débute la création du monde dans le premier livre de la Bible. Il s’agit bien pour eux du commencement d’un monde nouveau.
On attendait d’en haut les interventions des puissances divines et voici qu’il faut regarder en bas, au ras d’une mangeoire obscure! Désormais le monde ne cherche plus son salut chez les dieux des cieux ou chez leurs représentants humains (les divins pharaons ou empereurs) mais dans le sourire d’un nourrisson entouré d’un père et d’une mère d’emprunt, de bergers malodorants et de voyageurs de passage. Le monde bascule sur ses bases. L’histoire ne s’écrit plus en termes de victoires guerrières, de puissance économique, de frénésie monétaire et de gloire médiatique mais à l’encre d’un quotidien sans gloire, de la fragilité éprouvée, de la fraternité désarmée, du pardon accordé. C’est là que Dieu se tient et nous attend. L’ère nouvelle n’est pas pour demain, elle est pour aujourd’hui ! Alors à toi l’ami, le lecteur : « heureuse ère nouvelle »!
04 décembre 2025
Pour toi, pour moi... ouvriers de la Parole
De même, dans ton souhait de proximité avec le divin, tu t’es extasié devant de sublimes cathédrales, tu as habillé d’or autels et tabernacles, tu as revêtu mitres, chapes et chasubles étincelantes, tu t’es gargarisé d’Alléluias prolongés. Salomon s’y était essayé, il sombra dans l’idolâtrie ! L’accumulation des symboles tue le symbole. Tu as voulu planter des arbres quand on te demandait de jeter simplement une graine !
Alors, pourquoi ces vaines querelles de langues, de postures, de gestes érigés comme des absolus préalables au don de l’Esprit Saint ? Hormis les actes sacramentels approuvés par l’Eglise, ils ne sont que traduction indigente et contingente de l’Infini Mystère. C’est lorsqu’ils en disent le moins qu’ils suggèrent le plus ! Aussi, fais-toi transparent, fais-toi oublier.
Enfin, si tu veux encore parler de Lui et que l’on te comprenne, relis la finale du chapitre 25 de l’évangile de Matthieu, envoie un message fraternel à la personne seule, soutiens discrètement le malade ou l’endeuillé, encourage à la patience le jeune révolté, prête tes oreilles à celles et ceux qui ont besoin de parler…Les pauvres de ceci ou de cela sont légion autour de toi, offre-leur ton temps et ton attention. Le ciel de leur cœur s’ouvrira, une Voix se fera entendre : « Ouvre-moi ta porte, je viens manger chez toi… »









