21 mars 2019

Des paroles aux actes.


Histoire béarnaise. Un vieux paysan sort d’une réunion préélectorale. Il a écouté le candidat à la députation. Un voisin le rencontre et lui demande : « Qu’a-t-il dit ? » Réponse : « Je ne sais pas mais il a bien parlé ! »

C’était le temps où l’éloquence des préaux d’école pouvait faire tomber quelques bulletins de vote dans l’escarcelle.
Les temps ont changé. «  Nous ne voulons pas des paroles mais des actes » répètent inlassablement les assidus des manifestations qui occupent le pavé ces derniers jours. « Des paroles aux actes, pour un monde plus humain ! » sera le thème d’un colloque qui se déroulera à l’université de Pau le 30 mars (1).

Il semble, en effet, que l’inflation des petites ou grandes phrases relayées par les chaînes en continu amplifie l’impression d’antinomie entre ces deux termes. Beaucoup de mots pour peu de résultats concrets !

Mais à y regarder de plus près, y a-t-il vraiment opposition entre ces deux moyens d’expression ?
Que l’acte parle ne fait aucun doute si l’on pense à celui accompli par le Colonel Bertranne !  Quel Français ne s’est pas senti interpellé par le sens de la responsabilité que traduisait son geste de bravoure ? Mais, à l’inverse, qui n’a pas été atteint par telle ou telle parole prononcée par un père, une mère, un professeur, un ami, au point que sa vie en a été profondément transformée ?
La parole, pour le meilleur ou pour le pire, peut être action. Le torrent d’expressions répétitives proférées récemment sur un plateau de TV  par deux femmes politiques consistait essentiellement à noyer l’adversaire dans un déluge sonore et à recevoir la palme du dernier mot. Résultat  de ce pugilat verbal et de ce spectacle lamentable : dégoût et lassitude, écran noir et muet.

Si la parole est acte et si l’action peut parler, n’est-ce pas parce que la première Parole qui est à l’origine de tout ce qui se dit et de tout ce qui se fait est à la fois Parole et Acte : « Il dit et cela fut ! » Puissent nos paroles et nos actes laisser retentir un lointain écho de la voix du Créateur !

(1) renseignements : « de cairn en cairn »  06 13 48 90 65

28 février 2019

Quarante


Chiffre biblique magique qui compte les années de désert subies par le peuple hébreu. Conduit par Moïse, il y fait le dur apprentissage de la liberté après les années d’esclavage. Ce n’est pas seulement la tutelle du Pharaon qu’il faut quitter mais encore le joug des divinités égyptiennes. 40 jours sera pour Elie, le combattant des idoles, le temps nécessaire pour éprouver « le fin silence » d’un Dieu qui se risque à  laisser la parole à l’homme. Enfin, Jésus conduit par l’Esprit, passera encore 40 jours au désert pour préparer sa vie publique en affrontant et en refusant la tentation démoniaque de se faire le dieu de nos besoins et de nos fantasmes.


De ces expériences fondatrices vient notre carême. 40 jours de préparation à ce qui constitue pour le chrétien le sommet de l’année liturgique et le centre de sa Foi, à savoir la fête de la résurrection du Sauveur et la sienne aussi. Mais il faut d’abord passer par le feu…


Autrefois, c’est-à-dire avant les mises aux normes, à cette époque-ci, la nuit de nos vallées offrait un étrange spectacle.  D’immenses serpents de feu rampaient vers les étoiles à l’assaut d’on ne sait quelle planète. De temps en temps, un brasier se faisait plus scintillant, les étincelles jaillissaient en hauteur, peut-être un « buisson ardent » ?  Et l’on se prenait à imaginer Moïse fasciné par ce feu mystérieux dont l’origine restait obscure. Les bergers, suivant la coutume ancestrale, avaient allumé la flamme au bas de la montagne. Elle nettoyait les pâturages jusqu’à s’épuiser sur le « contre-feu » sagement prévu. De la végétation roussie par les intempéries et par le gel, il ne resterait que cendre grise et squelettes noircis. Quelques jours plus tard, les pentes se recouvriraient d’un duvet vert en attendant d’offrir aux troupeaux une herbe grasse et savoureuse.

Ainsi débute notre carême : raccourci de quarantaine. Une mort symbolique, un retour à la poussière, un feu purificateur de tout ce qui nous encombre, de tout ce qui obscurcit l’essentiel de nos vies. Une cendre qui amende et nourrit une vie pour toujours incandescente! « Convertis-toi ! »

24 février 2019

François,


Qui suis-je pour m’adresser à toi (1) ? Un pécheur comme les autres. Mais si j’ose le faire, c’est parce que j’ai été ordonné prêtre seulement deux années avant toi et que, par conséquent, tu es mon frère dans le sacerdoce. Un frère qui force mon admiration car tu as accepté de conduire l’Eglise au moment où une vague de scandales fait peser sur tout le clergé une chape de soupçons.


François, regarde la France, fille aînée de l’Eglise, disait-on autrefois. Elle est malade. L’Europe l’est aussi. Le système démocratique est devenu si complexe et la société si réglementée que le citoyen s’est vu contraint de déléguer peu à peu tous ses pouvoirs à des représentants chargés de les exercer dans le cadre du bien commun. Aujourd’hui, il se sent oublié et victime d’un système qui lui échappe. Il veut être écouté. Il désire reprendre le pouvoir à son compte et il le fait savoir. La réaction est saine, même si elle paraît contestable en bien des points.


Regarde l’Eglise ! Tu le sais mieux que moi, elle est malade. Notre vieille mère, qui a traversé tant de siècles, a gardé de sa fréquentation de l’histoire des hommes des manières surannées, des titres ridicules, des ornements désuets, un  langage abscons. De ceci on pourrait sourire, comme on le fait des photos jaunies du vieil album de famille que l’on feuillette. Elle a parcouru tant de chemins  boueux que sa peau est souillée de terre. Mais cette souillure là n’est pas malsaine. Elle est la compagne inévitable de son incarnation parmi les hommes. Elle est  cette glaise que le Créateur  du livre de la Genèse a pétri pour faire un être à sa ressemblance quoique terreux. Cette souillure est excusable ; elle est le signe d’une proximité avec les hommes qui s’est parfois brûlé les ailes.


L’Eglise est malade d’un mal bien plus grave. Depuis que le souffle de l’Esprit s’est engouffré dans la chambre haute de la Pentecôte, des hommes d’Eglise, j’allais dire « d’appareil », se sont employés à canaliser ce vent divin dans un labyrinthe tel qu’il en sort exténué et parfois perverti. Ils lui ont donné un vocabulaire spécifique, un code de bonne conduite, un espace sacré dont ils prétendent détenir la clef, définir les frontières et organiser la visite. Et comme l’invasion du sacré est inversement proportionnelle à la perte de la foi au Dieu vivant, ceux qui s’en estiment les propriétaires et les grands- prêtres ont vu leur prestige prendre encore plus d’ampleur.  François, tu as diagnostiqué ce mal. Tu l’as appelé le « cléricalisme ». D’ailleurs, il n’est pas réservé aux clercs et on peut le rencontrer dans bien d’autres institutions humaines. Cet abus de pouvoir est sans commune mesure avec la souillure contractée dans la foulée imprudente des chemins de traverse. C’est un torrent d’ordures qui déferle sur ces ministères pervertis. Et cela est d’autant plus intolérable qu’il touche des personnes vulnérables.


Alors, François, toi qui as confiance dans le « Peuple saint des fidèles de Dieu » demande-lui, si par hasard, il aimerait s’identifier davantage à la communauté des Actes des Apôtres qui partageait « d’un même cœur » l’enseignement, la parole et le pain ; demande-lui si, par hasard, s’appuyant sur les conseils de St Paul, il ne souhaiterait pas repenser les ministères de l’Eglise pour les confier à des hommes et des femmes ayant fait leurs preuves dans la conduite de leur famille et dans leur profession ; demande-lui s’il ne préfèrerait pas être un peu allégé de tous ces accessoires hérités des siècles passés. Ils ont eu, certes, leur utilité mais ils sont devenus étouffants et encombrants. D’ailleurs, ils ont trop souvent empêché le peuple saint de se prendre en main en le maintenant dans un état d’enfance protégée et prolongée.


Tu sais, comme moi, François, que le Maître reprochait à certains d’imposer des fardeaux qu’ils étaient incapables de porter eux-mêmes. Alors, s’il te plaît, après avoir entendu les évêques, écoute les baptisés, ceux qui forment « la classe moyenne de la sainteté ». Tu as dit que le baptême était « notre première et fondamentale consécration » car « nul n’a été baptisé prêtre ou évêque » (2). Convoque donc une conférence des baptisés pour chaque continent. Donne-leur la parole sans intermédiaire, sans le filtre des « autorités qualifiées ». Il te dira, ce peuple encore fidèle, ce qu’il est essentiel de préserver pour que la barque ne chavire pas dans l’ignominie. Il te dira ce qu’il faut balancer par dessus bord pour l’alléger afin qu’elle ne soit pas engloutie sous son propre fardeau.
François, aide-nous à hisser la voile, tiens bon la barre et qu’un vent nouveau nous pousse au large…


(1) Je me permets ce tutoiement car c’est ainsi que  je m’adresse au Christ dans ma prière.
(2) Pape François « Les laïcs messagers de l’Evangile » ed Salvator.2016

31 janvier 2019

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?


Athènes, dit-on, est le berceau de la démocratie. Platon estimait que tant que le pouvoir ne coïncidait pas avec la sagesse, les maux du genre humain perdureraient et la cité idéale qu’il appelait de ses vœux ne se réaliserait pas (La République V/473a). Selon lui, impossible d’instaurer une démocratie sans un effort constant d’éducation du peuple et de ses dirigeants.


Partant du principe énoncé par Churchill que « la démocratie est le pire des systèmes à l’exception de tous les autres », il nous faut la préserver de ses propres limites. Pas d’autre antidote qu’un effort d’éducation permanente des citoyens. On naît Français, on ne naît pas citoyen, on le devient.


C’est pourquoi, à la faveur du grand débat national et pour m’en tenir à la seule question posée ci-dessus, je demande à Monsieur le Ministre de l’Education Nationale:

-    Que dès la petite enfance et l’école primaire, l’on renforce par la parole et par les gestes, l’apprentissage des règles élémentaires  de politesse qui rendent la vie en commun supportable et même agréable.

-    Que l’on appelle à bannir du langage quotidien les mots vulgaires qui dénotent d’un manque de respect et non d’une proximité avec « le peuple ».

-    Que l’on cesse de faire croire aux enfants que tout est ludique et qu’ils sachent que le travail demande un effort, mais j’ai lâché un « gros mot » !

Je lui demande encore :

- de programmer dans le secondaire, une approche des « droits de l’homme et du citoyen» accompagnée bien entendu des devoirs qu’ils supposent et d’en faire un élément de l’obtention du brevet des études ou du baccalauréat ?

- de commencer la journée scolaire par un silence nourri par le rappel d’un proverbe, d’une citation ou d’une action positive qui a marqué l’actualité.


Je demande à Monsieur le Premier Ministre que le service national universel puisse se dérouler sur le temps d’une année scolaire entière. Il y serait dispensée une formation dédiée à la connaissance des institutions européennes, des grands services de l’Etat, des corps intermédiaires, conjointement à un engagement au service d’une association d’intérêt général. Ce service pourrait se conclure par une cérémonie de « confirmation » par chaque jeune de son choix de la nationalité française.


-    Enfin, pour couronner le tout, je demande à Monsieur le Président de la République que le vote soit rendu obligatoire.


Le basculement politique que l’on voit s’opérer dans certaines parties du monde devrait nous alerter. A « consommer » de la démocratie, sans avoir conscience d’en être à la fois les heureux bénéficiaires et les acteurs responsables nous expose à tous les dangers, à commencer par celui de la barbarie rampante et quotidienne, si nous ne mettons pas en place les conditions pour la faire vivre.


Réponse hors sujet ? Passéiste ? Utopique ? Son auteur assume ! Et le Platon de « La  République » future aussi !

10 janvier 2019

France, qu’as-tu fait de l’espérance ?



Pendant que se déroulaient les « fêtes de fin d’année » pour employer le vocabulaire le moins irritant  possible aux oreilles religieusement sensibles, il régnait sur notre pays un climat d’insatisfaction mêlé d’inquiétude qui dure encore. Il semble que personne ne soit satisfait de son sort ; les uns à juste titre, les autres par contamination d’une sorte de fièvre jaune.
En effet, lorsque des motards à l’assurance, pour ne pas dire à l’arrogance, cylindrée et chromée ouvrent la marche du cortège alors qu’ils possèdent pour la plupart une voiture dans leur garage et qu’ils se servent de leur engin pour balader leurs gaz d’échappement, le week-end, sur les routes de nos campagnes, on est en droit d’être un peu étonné !! Mais passons sur les contradictions inhérentes à toutes les éruptions de colère.
Quant à la focalisation de la rage et de la haine sur la personne du Président de la République, elle illustre parfaitement la théorie du bouc émissaire développée par René Girard. Pour le philosophe académicien, la violence est le fruit du désir mimétique. Chacun désirant le même objet que les autres la lutte fratricide ne peut cesser que par la désignation d’un bouc émissaire et par son sacrifice rituel. Le bûcher est en place, il ne manque que l’allumette !

Les théories explicatives sont nécessaires mais pas suffisantes. Ce mouvement de contestation générale, qui remonte fort loin, n’est-il pas, avant tout, le résultat  d’une panne totale d’espérance ? Le 20ème siècle avait connu ces idéologies marxistes ou libérales qui promettaient un avenir meilleur. Le « matérialisme historique » et le « libéralisme progressiste » (tout aussi matérialiste) imprégnaient les esprits et se partageaient le monde. Chacun à sa façon ouvrait l’activité humaine sur un au-delà du présent. Mais les citoyens se sont aperçus que les résultats promis n’étaient pas à la hauteur des efforts consentis. Ils ont alors tourné le dos et à « l’historique » et au « progressiste» : il n’est plus resté que le matérialisme à l’état brut et sans but.
Le seul au-delà  qui résistait encore et qui pouvait mobiliser les familles était celui d’assurer un avenir à ses enfants. Or cet au-delà s’est, lui aussi, envolé.
Quand l’horizon d’une vie est bouché par la mort, quand la terre n’offre plus aucune perspective commune aux sociétés, et quand on a vidé le ciel de tout divin, seule compte la vie présente et par conséquent la lutte sourde ou déchaînée pour vivre le mieux et le plus longtemps possible. Il n’est pas étonnant que le mot d’ordre général exige de profiter, sans mesure, du temps qui reste à vivre.  Comme chacun a bien intégré le message et n’a aucune raison de ne pas s’arroger la meilleure part du gâteau, le riche comme le pauvre se sent lésé et mal-heureux.

Nous sommes conscients que la promesse d’un au-delà de la terre a justifié  et encouragé nombre de situations d’injustice institutionnalisée. Il n’en est pas moins urgent de retrouver une espérance, un au-delà de l’espoir, qui réponde à la fois aux besoins légitimes de cette vie et au désir d’infini qui palpite au cœur de tout homme. Sans cela, le contentement des fins de mois, doublé par le creusement coupable des inégalités, accélérera la fin d’un monde épuisé. On ne répondra pas à une crise spirituelle par de simples ajustements du pouvoir d’achat ou par l’annulation de taxes. C’est bien une réponse politique, au sens noble du terme, qu’attendent nos concitoyens. Mais lorsqu’on a une vision exclusivement marchande et comptable de la vie et qu’on jette un discrédit  systématique sur toute forme de spiritualité en l’étouffant dans la sphère strictement privée, ne nous étonnons pas que la fièvre reprenne de plus belle. Nos dirigeants feraient bien de s’en souvenir et d’écouter aussi les messagers d’espérance, disciples de Celui dont la croix ornait nos carrefours à défaut de ronds-points, de Celui qui n’avait pas « gagné plus » mais qui avait tout reçu en donnant tout !





04 janvier 2019

Le temps d’un an.


Chacun a reçu des souhaits à la pelle. Mais, la prudence est de mise quand il s’agit d’en préciser le temps et l’objet. Bonheur, réussite, santé sont des notions suffisamment larges pour que chacun y trouve son compte. Quant à l’année, elle peut être très longue pour le malade alité, très courte pour le professionnel affairé, et personne n’a la certitude de la terminer.

La question du temps a toujours occupé la pensée des esprits les plus éclairés.  Quand le commun des mortels s’en inquiète, il est frappé par l’inconsistance du présent : un nuage évanescent, une simple respiration entre un passé disparu et un futur qui n’existe pas encore. Mais comment parler du présent en tournant le dos au passé ou sans envisager le futur ? Impossible !

Le temps a été vécu, autrefois, comme une répétition du passé, un éternel recommencement. « Rien de nouveau sous le soleil ! ». Le temps du paysan tournait autour du cycle des saisons. La reconduction fidèle du geste ancestral assurait la validité de l’activité humaine. Mais la répétition se révélait stérile et mortifère, incapable de répondre à l’imprévu.

L’époque industrielle a remplacé le temps de la terre par celui de l’homme. Il est devenu linéaire. Il n’a plus accompagné la reproduction mais il a sonné la charge du pro : production, progrès, programmation, prospection. Il nous a projetés en avant. On a parlé au futur enchanteur. Il a fallu déchanter ! Les promesses n’ont pas tenu parole.

Aujourd’hui, le temps s’est rétréci. D’un clic nous savons, nous pouvons, nous avons. Nous parlons au présent ponctuel, instantané.

Comment donner consistance au présent ? Comment faire en sorte que le souhait ne soit pas vaine parole ? Comment convoquer le passé sans le travestir ? Peut-être en lisant notre heure sur le cadran de l’horloge de l’Eternel qui ne compte ni au passé, ni au futur mais au présent qui vaut éternité. Ainsi, recevoir des vœux, vaut plus par l’attention présente de la personne qui nous les adresse que par la promesse de leur efficacité?

Amis lecteurs, quand vous lirez ces lignes que restera-t-il des hésitations, des brouillons, des questions du rédacteur ? Rien ! Quelle lumière sur l’avenir ? Aucune ! Quelques lettres imprimées sur un écran et destinées à la corbeille ou l’éclat furtif d’un morceau d’éternité…



20 décembre 2018

« Souhaits décalés pour des temps nouveaux»






La nuit de Noël ne sera guère étoilée pour beaucoup de nos frères humains et le jour de l’an nouveau n’allumera pas le feu de l’espérance attendue. Pourtant, dans la grisaille des têtes et des cœurs, l’Enfant de la crèche interpellera tous les besogneux de la terre qui voudront bien l’écouter : « Venez à moi, vous tous qui ployez sous le fardeau ». Et Il ajoutera : « Je vous procurerai des richesses dont on ne parle plus : la fierté du travail bien fait ; le goût de la conscience professionnelle ; la dignité de celui qui assume ses responsabilités ; le sourire attendri de vos enfants ; l’honneur de servir vos frères ; la fraternité des humbles».

A ceux qui dirigent le peuple, qui gèrent le présent et préparent l’avenir, Il rappellera : « Que le plus grand parmi vous se comporte comme celui qui sert et il connaîtra la satisfaction de contribuer au bien public ; la joie de voir s’épanouir ses collaborateurs ; la reconnaissance de ses élèves devenus plus compétents que lui; le plaisir de rendre à la nation ce qu’elle lui a donné ; l’impression d’avoir laissé une trace sur le chemin de la vie ».

Autant de trésors immatériels, non-calculables, partageables à l’infini et qui se suffisent à eux-mêmes. Les monnayer serait les dénaturer.

Et tous s’écrieront : «Utopie d’irréaliste illuminé! Propos de mythomane dangereux! Etalage d’incompétence caractérisée! Et le pouvoir d’achat prioritaire? Et les bénéfices à  réinvestir? Et les impôts obligatoires ? De quel monde parle-t-il ?

Alors, l’Enfant de Noël leur dira : « Depuis que l’homme existe, vous avez essayé toutes les recettes pour être heureux de vivre ensemble. Aucune n’a réussi. Vous vous acharnez à guérir le mal avec les plantes vénéneuses qui l’ont provoqué. Vous n’attaquez pas les causes premières. Alors, cherchez d’abord le Royaume de Dieu et vous trouverez la véritable justice. N’amassez point de trésors sur la terre où la mite et le ver consument, où les voleurs perforent et cambriolent…Accueillez la richesse de mon Esprit vivant... Et avec l’argent, faites-vous des amis, car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur. »

 Quand les cris de colère se tairont, tendons l’oreille pour entendre ce que nous dit l’Enfant de la crèche dans la grisaille de notre vie, l’œil fixé sur l’étoile du lointain qui ne s’éteint pas…Et que ce Noël et cet an neuf soient pour chacun et chacune l’occasion d’une joyeuse renaissance !