01 janvier 2026

Nouvelle ère ou nouvel an?

 A défaut de voir pointer le jour éclatant d’une ère nouvelle, nos vœux annuels s’inscrivent dans le cortège d’un avenir meilleur espéré. Nous nous étions habitués à trancher l’histoire en deux parts inégales: avant et après Jésus Christ. Manifestement, cette référence religieuse, de nos jours, devient gênante. Il est fréquent d’entendre parler désormais de « l’ère actuelle » ou bien de « notre ère » avec un possessif quelque peu prétentieux! Une liste électorale n’hésite pas à se présenter sous le titre «  Nouvelle Ere».  Excusez du peu !


Il faut cependant reconnaître que contrairement aux années précédentes qui englobaient « Noël » dans un vague « Bonnes fêtes », on lit et on entend parler de la « magie de Noël » dans les médias! Encore un petit effort, mesdames et messieurs les journalistes et la « nativité du Christ » trouvera un strapontin dans le théâtre de fin d’année !


 Nos aïeux qui ont maîtrisé le feu ou découvert l’imprimerie ont cru, en leur temps, ouvrir cette ère nouvelle. Et il en a été de même chaque fois que l’invention d’une technique ou qu’un changement de régime politique a révolutionné notre quotidien : scission de l’atome, premier pas sur la lune etc… Malheureusement, le paradis terrestre se fait toujours attendre et un fonds de déception embourbe de plus en plus tout espoir renaissant. Mais cette fois nous y sommes : L’IA nous fera changer d’ère ! 
Alors pourquoi persister à faire tourner la terre autour du berceau de la crèche de Bethléem ?
Il y a plus de 2000 ans, le monde était religieux et l’on attendait tout des dieux. Ils habitaient les hauteurs des cieux et imposaient leurs lois ou leurs caprices à la terre. Ils communiquaient avec elle grâce à des subordonnés : anges, archanges ou autres messagers. Le monde des dieux ne pouvait pas se compromettre avec celui des humains ! Or voici qu’un enfant qui, à cette époque, ne comptait guère et n’était qu’un appendice de son père, un enfant futur charpentier, vient nous dévoiler son identité divine ! La vision du monde en est renversée. Les évangélistes ne s’y sont pas trompés. Ils ont présenté la venue du Christ selon deux « généalogies »  qu’ils ont appelé « Genèse », le mot même qui débute la création du monde dans le premier livre de la Bible. Il s’agit bien pour eux du commencement d’un monde nouveau. 
 

On attendait d’en haut les interventions des puissances divines et voici qu’il faut regarder en bas, au ras d’une mangeoire obscure! Désormais le monde ne cherche plus son salut chez les dieux des cieux ou chez leurs représentants humains (les divins pharaons ou empereurs) mais dans le sourire d’un nourrisson entouré d’un père et d’une mère d’emprunt, de bergers malodorants et de voyageurs de passage. Le monde bascule sur ses bases. L’histoire ne s’écrit plus en termes de victoires guerrières, de puissance économique, de frénésie monétaire et de gloire médiatique mais à l’encre d’un quotidien sans gloire, de la fragilité éprouvée, de la fraternité désarmée, du pardon accordé. C’est là que Dieu se tient et nous attend. L’ère nouvelle n’est pas pour demain, elle est pour aujourd’hui ! Alors à toi l’ami, le lecteur : « heureuse ère nouvelle »!


Aucun commentaire: