Marie, Femme.
La liturgie du 15 Août est inépuisable : « Je vis un signe grandiose dans le ciel, une femme… »
La question du rôle de la femme dans l’Eglise revient de façon récurrente. Certaines chrétiennes vont jusqu’à accuser Marie d’avoir monopolisé sur elle et limité sur la figure de la religieuse, toute la parole que l’Eglise pouvait destiner aux femmes. Une parole qui, par ailleurs, leur semble en total décalage avec la modernité. Comment refuser encore le sacerdoce aux femmes quand des chefs d’états, des ministres se recrutent parmi elles ? Seraient-elles indignes d’une telle fonction ? Doivent-elles être cantonnées à des tâches subalternes ?
Je crois que le débat sera toujours faussé tant que l’on réfléchit en termes de « fonction ». Dieu n’a que faire de fonctionnaires ! Quand on parle de ministères on se situe dans l’ordre du signe. Quel est le signe spécifique de tel ou tel service (ministère) ? Le prêtre n’est pas le responsable de la communauté, ni son administrateur. Il est signe de l’Epoux qui vient faire alliance (célébrer ses noces) en donnant et pardonnant. Ceci est spécialement vrai de l’évêque qui reçoit la plénitude du ministère. Prêtres et diacres ne le sont que par participation.
La femme « mère des vivants » est signe de l’humanité qui attend l’Alliance et plus spécialement de cette part d’humanité qui reçoit son Epoux, l’Eglise.
Dans la première Alliance la femme, Eve, est tirée de l’homme, Adam, même si celui-ci la reçoit dans son sommeil comme un cadeau de Dieu. Ce qui est prodigieux, c’est que dans la deuxième Alliance, c’est Marie qui est première. C’est elle qui engendre par l’Esprit Saint, le nouvel Adam. De même le texte de l’Apocalypse nous dit que la femme sera la dernière, le terme de l’humanité victorieuse du Mal. En ce sens, elle est non seulement « l’avenir de l’homme » mais celui de l’humanité. La femme, au commencement et à la fin de l’action de Dieu.
C’est sur ses bases là, que l’on peut parler de ministères masculins ou féminins. Nous sortons d’une très longue période où la figure du prêtre a concentré tous les ministères, souvent désignés en termes de pouvoirs ou de droits (pouvoir de lier ou de délier, de célébrer…). Nous vivons, aujourd’hui, au sein d’équipes d’animation paroissiales, des ministères largement partagés et, souvent, par des femmes. Si ce partage est vécu comme une répartition de compétences ou de fonctions, il risque très vite la compétition et la revendication. Serait-il inconcevable d’inscrire le « signe de la femme » épouse et mère dans chacun des ministères actuels ou faut-il en « inventer » de nouveaux. Si le ministère des sacrements reste le signe du Christ Epoux, il suffit de relire St Paul pour savoir qu’il peut exister bien d’autres ministères indispensables à la vie des communautés. Les ministères liés au signe de l’Epoux ou du « Christ tête » n’épuisent pas tout le mystère de l’Eglise. N’y aurait-il pas des ministères liés à "l’Eglise Epouse" plus spécialement dédiés à l’humanité éloignée de la Foi ?
19 août 2007
28 juin 2007
C’est la fête !
Les affiches électorales ont eu à peine le temps de faner que celles des fêtes villageoises fleurissent et prennent le relais. Pour les plus anciens parmis nous, elles évoquent l’effervescence qui s’emparait de la place publique quelques jours auparavant. Il fallait dresser à la hâte un podium branlant destiné à trois ou quatre musiciens, « tirer » une ligne électrique pour alimenter quelques ampoules blafardes, improviser un quiller plus ou moins réglementaire, ajouter en dernière minute un micro nasillard qui déclenchait l’inévitable panne générale au plus mauvais moment. La fête leur rappelle aussi ces belles tablées qui réunissaient la parenté rassemblée pour l’occasion et qui, par contre, donnaient aux mères de famille un surcroît de travail considérable. Souvenirs d’une enfance où il ne fallait pas grand chose pour embellir le quotidien. Une chemise blanche, des souliers cirés et quelques sous en poche faisaient de vous le plus heureux des gamins, le roi du pistolet ou de la poire à eau qui, dans le feu de l’action, n’hésitait pas à faire ses réserves dans les vases du cimetière et risquait une mémorable correction.
Pour les jeunes du village aujourd’hui, la fête, c’est la responsabilité d’une rencontre inter-générations pour laquelles il est parfois malaisé de trouver des lieux de détente, des centres d’intérêt et des symboles communs. C’est le souci d’attirer un public nombreux par un programme alléchant, tout en préservant l’équilibre du budget du comité des fêtes. C’est encore l’affirmation d’une appartenance. Malgré toutes les rancunes et les rancoeurs accumulées dans les frictions quotidiennes, la fête donne à chacun l’occasion d’afficher son enracinement dans un lieu et sa solidarité avec ses habitants. Créer du lien social n’est plus l’urgence de la ville seule et de ses quartiers dits défavorisés.
Enfin, la fête, dans la mesure où l’on se souvient qu’elle est aussi celle du Saint patron de l’église paroissiale, nous permet d’affirmer les valeurs et les repères qui fondent notre « vouloir-vivre-ensemble » et les conditions qu’exige sa mise en oeuvre. « Viens c’est la fête au village, viens… » chantait Guy Béart.
Les affiches électorales ont eu à peine le temps de faner que celles des fêtes villageoises fleurissent et prennent le relais. Pour les plus anciens parmis nous, elles évoquent l’effervescence qui s’emparait de la place publique quelques jours auparavant. Il fallait dresser à la hâte un podium branlant destiné à trois ou quatre musiciens, « tirer » une ligne électrique pour alimenter quelques ampoules blafardes, improviser un quiller plus ou moins réglementaire, ajouter en dernière minute un micro nasillard qui déclenchait l’inévitable panne générale au plus mauvais moment. La fête leur rappelle aussi ces belles tablées qui réunissaient la parenté rassemblée pour l’occasion et qui, par contre, donnaient aux mères de famille un surcroît de travail considérable. Souvenirs d’une enfance où il ne fallait pas grand chose pour embellir le quotidien. Une chemise blanche, des souliers cirés et quelques sous en poche faisaient de vous le plus heureux des gamins, le roi du pistolet ou de la poire à eau qui, dans le feu de l’action, n’hésitait pas à faire ses réserves dans les vases du cimetière et risquait une mémorable correction.
Pour les jeunes du village aujourd’hui, la fête, c’est la responsabilité d’une rencontre inter-générations pour laquelles il est parfois malaisé de trouver des lieux de détente, des centres d’intérêt et des symboles communs. C’est le souci d’attirer un public nombreux par un programme alléchant, tout en préservant l’équilibre du budget du comité des fêtes. C’est encore l’affirmation d’une appartenance. Malgré toutes les rancunes et les rancoeurs accumulées dans les frictions quotidiennes, la fête donne à chacun l’occasion d’afficher son enracinement dans un lieu et sa solidarité avec ses habitants. Créer du lien social n’est plus l’urgence de la ville seule et de ses quartiers dits défavorisés.
Enfin, la fête, dans la mesure où l’on se souvient qu’elle est aussi celle du Saint patron de l’église paroissiale, nous permet d’affirmer les valeurs et les repères qui fondent notre « vouloir-vivre-ensemble » et les conditions qu’exige sa mise en oeuvre. « Viens c’est la fête au village, viens… » chantait Guy Béart.
16 juin 2007
Profession de Foi.
« Vers la disparition de l’Eglise en France ?». C’est la question que se pose Claude Plettner, éditrice chez « Bayard » dans le journal « La Croix » du 10 06 07. J’entends ces jours ci un confrère se dire exaspéré par l’attitude de jeunes adultes invités d’une profession de Foi qui manifestement n’avaient aucune idée du lieu et de l’évènement auxquels ils étaient conviés : mitraillage photographique, musiques de portables, conversations sans retenue, déambulations inopinées etc… On me dit qu’un autre, après avoir donné quelques consignes minimales de savoir vivre a du interrompre la cérémonie pour rappeler à l’ordre quelques récalcitrants. Quant au genre et au coût des festivités qui accompagnent ces cérémonies, au volume et à la destination des cadeaux reçus, on se trouve bien embarrassé pour faire un lien quelconque avec l’Evangile que l’on est sensé professer. Il y a déjà des années qu’un ami a changé d’appellation les dites profession de Foi. Sachant qu’elles marquent pour beaucoup d’enfants le terme de « l’instruction et de la pratique religieuses », il les appelle « Fêtes de la fin du catéchisme » pour ne pas dire « dernière profession de Foi » !
Le sujet ne se prête guère à l’humour, mais il se trouve que ce mois de juin correspond aux élections législatives. C’est donc par millions qu’ont été distribuées les « professions de foi » de nos chers anciens et futurs députés et ceci dans une France laïque par « profession de foi républicaine » ! Et c’est parce qu’il ont une foi à « soulever les montagnes » que les candidats vont arpenter les marchés, afficher un sourire éclatant et tendre la main aux passants. Au fait, c’est une foi en qui ? En nous, en eux ? Enfin, c’est par millions que les « hommes » et les femmes « de peu de foi » vont aller aux urnes et voteront les yeux fermés pour celui ou celle en qui ils auront mis leur confiance même si les jeux des partis trahissent les intentions premières. Si l’Eglise disparaît, les croyances, elles, ne disparaissent pas : elles se comptent en bulletins!
Mais revenons à nos communions solennelles, comme on les appelait jadis. Le tableau que j’en ai brossé n’est guère réjouissant. Il n’est que l’image de la perte de toute identité confessionnelle pour deux et même trois générations de Français. Mais cette description serait incomplète si je ne disais pas qu’il y a quelques jours je suis rentré dans une église pour baptiser un petit Hadrien. Quinze galopins couraient, criaient, se poursuivaient dans les allées du sanctuaire. Je craignais le pire pour la liturgie qui devait suivre. Les jeunes mamans et quelques papas totalement « zen » continuaient à préparer chants, bouquets, cierges comme si rien n’était. Ils avaient raison de ne pas s’inquiéter. Dès que la cérémonie a commencé ces enfants se sont assis et se sont faits attentifs. De par leur éducation et leur participation régulière avec leurs parents à la prière, ils savaient ce qu’ils faisaient.
L’Eglise disparaît ? Pas tout à fait. Ces jours ci encore, Anne et Anne Marie dont j’avais célébré le mariage il y a 20 ans sont revenues vers les Pyrénées. Retrouvailles vivifiantes, chaleureuses, émouvantes. Les deux sont mères de 4 enfants. L’une est aumônier d’un grand hôpital. L’autre est animatrice de sa paroisse. Impossible, ici, de retracer notre échange qui s’est terminé par un intense partage de prière dans un petit sanctuaire marial. Ces deux jeunes femmes actives et efficaces, assaillies par les soucis de leur famille et présentes au monde transpiraient la joie et la Foi. « Que du bonheur » dans cette rencontre aurait dit le citoyen français oubliant sa profession de Foi. « C’était pure grâce » m’a dit l’une d’entre elle en partant. Comme quoi, il faut parfois attendre 20 ans avant de dire si le jour était bon…
« Vers la disparition de l’Eglise en France ?». C’est la question que se pose Claude Plettner, éditrice chez « Bayard » dans le journal « La Croix » du 10 06 07. J’entends ces jours ci un confrère se dire exaspéré par l’attitude de jeunes adultes invités d’une profession de Foi qui manifestement n’avaient aucune idée du lieu et de l’évènement auxquels ils étaient conviés : mitraillage photographique, musiques de portables, conversations sans retenue, déambulations inopinées etc… On me dit qu’un autre, après avoir donné quelques consignes minimales de savoir vivre a du interrompre la cérémonie pour rappeler à l’ordre quelques récalcitrants. Quant au genre et au coût des festivités qui accompagnent ces cérémonies, au volume et à la destination des cadeaux reçus, on se trouve bien embarrassé pour faire un lien quelconque avec l’Evangile que l’on est sensé professer. Il y a déjà des années qu’un ami a changé d’appellation les dites profession de Foi. Sachant qu’elles marquent pour beaucoup d’enfants le terme de « l’instruction et de la pratique religieuses », il les appelle « Fêtes de la fin du catéchisme » pour ne pas dire « dernière profession de Foi » !
Le sujet ne se prête guère à l’humour, mais il se trouve que ce mois de juin correspond aux élections législatives. C’est donc par millions qu’ont été distribuées les « professions de foi » de nos chers anciens et futurs députés et ceci dans une France laïque par « profession de foi républicaine » ! Et c’est parce qu’il ont une foi à « soulever les montagnes » que les candidats vont arpenter les marchés, afficher un sourire éclatant et tendre la main aux passants. Au fait, c’est une foi en qui ? En nous, en eux ? Enfin, c’est par millions que les « hommes » et les femmes « de peu de foi » vont aller aux urnes et voteront les yeux fermés pour celui ou celle en qui ils auront mis leur confiance même si les jeux des partis trahissent les intentions premières. Si l’Eglise disparaît, les croyances, elles, ne disparaissent pas : elles se comptent en bulletins!
Mais revenons à nos communions solennelles, comme on les appelait jadis. Le tableau que j’en ai brossé n’est guère réjouissant. Il n’est que l’image de la perte de toute identité confessionnelle pour deux et même trois générations de Français. Mais cette description serait incomplète si je ne disais pas qu’il y a quelques jours je suis rentré dans une église pour baptiser un petit Hadrien. Quinze galopins couraient, criaient, se poursuivaient dans les allées du sanctuaire. Je craignais le pire pour la liturgie qui devait suivre. Les jeunes mamans et quelques papas totalement « zen » continuaient à préparer chants, bouquets, cierges comme si rien n’était. Ils avaient raison de ne pas s’inquiéter. Dès que la cérémonie a commencé ces enfants se sont assis et se sont faits attentifs. De par leur éducation et leur participation régulière avec leurs parents à la prière, ils savaient ce qu’ils faisaient.
L’Eglise disparaît ? Pas tout à fait. Ces jours ci encore, Anne et Anne Marie dont j’avais célébré le mariage il y a 20 ans sont revenues vers les Pyrénées. Retrouvailles vivifiantes, chaleureuses, émouvantes. Les deux sont mères de 4 enfants. L’une est aumônier d’un grand hôpital. L’autre est animatrice de sa paroisse. Impossible, ici, de retracer notre échange qui s’est terminé par un intense partage de prière dans un petit sanctuaire marial. Ces deux jeunes femmes actives et efficaces, assaillies par les soucis de leur famille et présentes au monde transpiraient la joie et la Foi. « Que du bonheur » dans cette rencontre aurait dit le citoyen français oubliant sa profession de Foi. « C’était pure grâce » m’a dit l’une d’entre elle en partant. Comme quoi, il faut parfois attendre 20 ans avant de dire si le jour était bon…
Sujet du bac
« Monsieur et très honoré grand-père.
Vous serez sans doute surpris que n’ayant jamais pris la liberté de vous écrire et m’étant jusques ici contenté de prier mon père de vous assurer de mes respects, je m’adresse aujourd’hui particulièrement à vous. Les bontés que vous avez toujours eues pour moi et l’affection singulière dont vous m’avez donné tant de preuves, m’engagent à faire cette demande, autant pour vous donner des marques de ma juste reconnaissance, que pour vous donner occasion de faire éclater encore votre bon cœur… » Suit une demande de subsides pour acheter quelques bons livres… « J’espère que vous voudrez bien avoir la bonté de me les envoyer au plus tôt. Cette nouvelle marque d’affection et de tendresse jointe à toutes celles que j’ai reçues de vous ne fera qu’augmenter ma reconnaissance, sans rien diminuer du respect profond et du dévouement parfait dans lesquels je suis…. »
Je suis resté pantois lorsque j’ai lu cette missive magnifiquement calligraphiée et rédigée en l’année 1728 par l’un de mes aïeux. En entendant le personnel de l’éducation nationale réclamer sans cesse de nouveaux moyens pour faire face à sa mission, j’imagine à peine ceux qui étaient à la disposition du maître d’école d’un petit village à cette époque là. Et pourtant le résultat est là. Quel élève de troisième aujourd’hui pourrait rivaliser avec ce fils de laboureur ?
Même réflexion en regardant un film de Pagnol, diffusé récemment, qui nous replongeait dans l’ambiance de l’école du début du 20ème siècle. Ne pourrait-on pas en deçà des moyens, se poser d’abord la question de la finalité de l’enseignement ? Les élèves retrouveraient peut-être le goût ou du moins les raisons d’apprendre et les enseignants, aidés par les parents, le feu sacré de nos vieux maîtres qui s’acharnaient jusqu’à ce que des gamins de quatorze ans acquièrent et gardent pour la vie une bien belle écriture et un style recherché. Honneur aux enseignants qui se passionnent encore pour cette noble tâche et courage aux candidats !
« Monsieur et très honoré grand-père.
Vous serez sans doute surpris que n’ayant jamais pris la liberté de vous écrire et m’étant jusques ici contenté de prier mon père de vous assurer de mes respects, je m’adresse aujourd’hui particulièrement à vous. Les bontés que vous avez toujours eues pour moi et l’affection singulière dont vous m’avez donné tant de preuves, m’engagent à faire cette demande, autant pour vous donner des marques de ma juste reconnaissance, que pour vous donner occasion de faire éclater encore votre bon cœur… » Suit une demande de subsides pour acheter quelques bons livres… « J’espère que vous voudrez bien avoir la bonté de me les envoyer au plus tôt. Cette nouvelle marque d’affection et de tendresse jointe à toutes celles que j’ai reçues de vous ne fera qu’augmenter ma reconnaissance, sans rien diminuer du respect profond et du dévouement parfait dans lesquels je suis…. »
Je suis resté pantois lorsque j’ai lu cette missive magnifiquement calligraphiée et rédigée en l’année 1728 par l’un de mes aïeux. En entendant le personnel de l’éducation nationale réclamer sans cesse de nouveaux moyens pour faire face à sa mission, j’imagine à peine ceux qui étaient à la disposition du maître d’école d’un petit village à cette époque là. Et pourtant le résultat est là. Quel élève de troisième aujourd’hui pourrait rivaliser avec ce fils de laboureur ?
Même réflexion en regardant un film de Pagnol, diffusé récemment, qui nous replongeait dans l’ambiance de l’école du début du 20ème siècle. Ne pourrait-on pas en deçà des moyens, se poser d’abord la question de la finalité de l’enseignement ? Les élèves retrouveraient peut-être le goût ou du moins les raisons d’apprendre et les enseignants, aidés par les parents, le feu sacré de nos vieux maîtres qui s’acharnaient jusqu’à ce que des gamins de quatorze ans acquièrent et gardent pour la vie une bien belle écriture et un style recherché. Honneur aux enseignants qui se passionnent encore pour cette noble tâche et courage aux candidats !
03 juin 2007
Trois
Elles sont trois les personnes de la Trinité, quelque peu éclipsées par la fête des mères. Il aura fallu, aux chrétiens, presque 4 siècles de sérieuses querelles et quelques conciles, pour se mettre d’accord sur cette expression de leur Foi. Elle constitue à leurs yeux la moins mauvaise présentation d’un Dieu qui refusera toujours, toute tentative de définition .Si le dogme lui-même résiste à toute explication trop claire, le modèle trinitaire s’avère très fécond, car il touche au statut personnel, à la structure familiale et au code de la société.
Si l’Etre éternel n’est pas le tout-puissant solitaire que l’on a parfois dépeint, à plus forte raison, l’être humain, crée à son image, est-il un être de relation. Privé de relations, l’humain dépérit et meurt. Au moment où la planète se couvre d’un filet d’échanges, on est en droit de se demander si trop de communication ne tue pas la simple communion. On peut joindre, à l’instant, les antipodes et ignorer l’identité du premier voisin.
Si la divinité a voulu se faire foyer d’amour, il n’est pas étonnant que nos familles tendent à le devenir, de sorte que plus l’union y est manifestée et plus chacun y est respecté dans son originalité. En ces temps de violences et de délinquance, une mise en oeuvre du modèle trinitaire pourrait servir à l’accompagnement psychologique des drames familiaux.
Si Dieu se présente comme communion, ce n’est pas en vain que tous les hommes politiques dignes de ce nom cherchent à faire en sorte que leurs compatriotes vivent « ensemble égaux et différents ». Encore faut-il réfléchir sur le genre d’égalité à promouvoir. Tant que nous la conjuguerons sur un rythme binaire, pauvres et riches, ruraux et urbains, intégrés et exclus ; tant que le Bien commun de la Nation sera l’enjeu d’une majorité et d’une opposition ; tant que notre département se divisera entre Basques et Béarnais comme si tous les autres n’existaient pas ; l’égalité des uns se fera sur le dos des autres. En ces temps d’élections et de triangulaires annoncées, la Trinité pourrait nous fournir un superbe programme électoral ! Candidats pas sérieux s’abstenir !
Tant que nous rechercherons une uniformisation des privilèges par le haut nous ne ferons qu’attiser les frustrations et les rivalités. La communion des hommes ne se fera qu’autour de la seule tâche digne d’une société vraiment humaine : donner à chacun sa juste place et la première de toutes au faible, à l’handicapé, au déshérité. C’est l’honneur de la société humaine que de protéger le plus démuni. Le monde animal ne sait pas le faire.
Elles sont trois les personnes de la Trinité, quelque peu éclipsées par la fête des mères. Il aura fallu, aux chrétiens, presque 4 siècles de sérieuses querelles et quelques conciles, pour se mettre d’accord sur cette expression de leur Foi. Elle constitue à leurs yeux la moins mauvaise présentation d’un Dieu qui refusera toujours, toute tentative de définition .Si le dogme lui-même résiste à toute explication trop claire, le modèle trinitaire s’avère très fécond, car il touche au statut personnel, à la structure familiale et au code de la société.
Si l’Etre éternel n’est pas le tout-puissant solitaire que l’on a parfois dépeint, à plus forte raison, l’être humain, crée à son image, est-il un être de relation. Privé de relations, l’humain dépérit et meurt. Au moment où la planète se couvre d’un filet d’échanges, on est en droit de se demander si trop de communication ne tue pas la simple communion. On peut joindre, à l’instant, les antipodes et ignorer l’identité du premier voisin.
Si la divinité a voulu se faire foyer d’amour, il n’est pas étonnant que nos familles tendent à le devenir, de sorte que plus l’union y est manifestée et plus chacun y est respecté dans son originalité. En ces temps de violences et de délinquance, une mise en oeuvre du modèle trinitaire pourrait servir à l’accompagnement psychologique des drames familiaux.
Si Dieu se présente comme communion, ce n’est pas en vain que tous les hommes politiques dignes de ce nom cherchent à faire en sorte que leurs compatriotes vivent « ensemble égaux et différents ». Encore faut-il réfléchir sur le genre d’égalité à promouvoir. Tant que nous la conjuguerons sur un rythme binaire, pauvres et riches, ruraux et urbains, intégrés et exclus ; tant que le Bien commun de la Nation sera l’enjeu d’une majorité et d’une opposition ; tant que notre département se divisera entre Basques et Béarnais comme si tous les autres n’existaient pas ; l’égalité des uns se fera sur le dos des autres. En ces temps d’élections et de triangulaires annoncées, la Trinité pourrait nous fournir un superbe programme électoral ! Candidats pas sérieux s’abstenir !
Tant que nous rechercherons une uniformisation des privilèges par le haut nous ne ferons qu’attiser les frustrations et les rivalités. La communion des hommes ne se fera qu’autour de la seule tâche digne d’une société vraiment humaine : donner à chacun sa juste place et la première de toutes au faible, à l’handicapé, au déshérité. C’est l’honneur de la société humaine que de protéger le plus démuni. Le monde animal ne sait pas le faire.
23 mai 2007
Variété et Unité
Nous vivons sous le signe de la variété et de la diversité. Nous sommes toujours étonnés d’apprendre par les scientifiques que ce que désignons par un mot comme « mouche » désigne des centaines d’espèces. Le promeneur du dimanche ne peut que s’extasier devant la variété infinie des plantes et des fleurs qui s’acharnent à pousser sur les bas côtés de nos routes réduits souvent à l’état de poubelles. Dans une de ces plus célèbres pages la Bible nous raconte l’histoire de ces hommes de Babel qui voulurent construire une tour pour atteindre le ciel et rivaliser avec Dieu. Pour travailler plus efficacement, ils inventèrent une langue unique. Dieu qui a voulu une création diverse et variée brouilla la langue et les hommes retrouvèrent leurs parlers antérieurs. Cette variété originelle peut malheureusement conduire les hommes à la division. D’ailleurs, toujours dans la Bible, ne voit-on pas que la première division, source de toutes les autres, s’est opérée lorsque l’homme n’a pas supporté sa différence avec Dieu et qu’il a voulu s’égaler à Lui. ? Et la puissance tentatrice ne s’appelle-t-elle pas le « diable » c'est-à-dire le « diviseur » ?
Chacun voulant affirmer son identité ou son « ego » comme on le dit aujourd’hui, le fait souvent en exagérant tellement ce qui le distingue des autres qu’il finit par s’opposer à eux. Les campagnes électorales nous donnent un bel exemple de ces affrontements où se mêlent non seulement la proposition d’idées contradictoires mais aussi l’affirmation tranchée de l’étiquette du parti ou l’originalité toujours « géniale » du candidat. Or à la fin de chaque campagne, nous avons droit à l’éternel discours sur l’importance de préserver l’unité nationale. Personne n’est dupe. Chacun sait que les couteaux n’ont pas disparu. Ils sortiront des tiroirs à la moindre occasion. Mais les institutions sont là pour justement faire en sorte que la société ne soit pas immobilisée ou ruinée par les oppositions. La tâche du politique consistant la plupart du temps à éviter les trop grands dégâts de la division.
Quand Jésus nous demande « Soyez un comme mon Père et moi nous sommes un » il nous place devant un objectif tout autre. Il ne s’agit plus d’enrayer les méfaits de la division, mais d’inverser complètement la tendance. Sachant qu’Il nous a offert le pardon et que son Esprit nous habite, celui-ci nous décentre de nous-mêmes pour nous tourner vers Dieu et vers autrui. Nous n’avons plus besoin de nous opposer à l’autre pour nous affirmer, il nous suffit de l’aimer. Ainsi la variété du genre humain et nos différences individuelles deviennent complémentarité et richesses ajoutées.
Babel signe l’échec de l’homme quand il veut atteindre l’Unité par une simple unification. La Pentecôte atteint l’Unité quand en respectant la variété des langues et des cultures, elle parvient à faire entendre un seul et même message ; « Soyez un comme mon Père et Moi nous sommes UN ».
Nous vivons sous le signe de la variété et de la diversité. Nous sommes toujours étonnés d’apprendre par les scientifiques que ce que désignons par un mot comme « mouche » désigne des centaines d’espèces. Le promeneur du dimanche ne peut que s’extasier devant la variété infinie des plantes et des fleurs qui s’acharnent à pousser sur les bas côtés de nos routes réduits souvent à l’état de poubelles. Dans une de ces plus célèbres pages la Bible nous raconte l’histoire de ces hommes de Babel qui voulurent construire une tour pour atteindre le ciel et rivaliser avec Dieu. Pour travailler plus efficacement, ils inventèrent une langue unique. Dieu qui a voulu une création diverse et variée brouilla la langue et les hommes retrouvèrent leurs parlers antérieurs. Cette variété originelle peut malheureusement conduire les hommes à la division. D’ailleurs, toujours dans la Bible, ne voit-on pas que la première division, source de toutes les autres, s’est opérée lorsque l’homme n’a pas supporté sa différence avec Dieu et qu’il a voulu s’égaler à Lui. ? Et la puissance tentatrice ne s’appelle-t-elle pas le « diable » c'est-à-dire le « diviseur » ?
Chacun voulant affirmer son identité ou son « ego » comme on le dit aujourd’hui, le fait souvent en exagérant tellement ce qui le distingue des autres qu’il finit par s’opposer à eux. Les campagnes électorales nous donnent un bel exemple de ces affrontements où se mêlent non seulement la proposition d’idées contradictoires mais aussi l’affirmation tranchée de l’étiquette du parti ou l’originalité toujours « géniale » du candidat. Or à la fin de chaque campagne, nous avons droit à l’éternel discours sur l’importance de préserver l’unité nationale. Personne n’est dupe. Chacun sait que les couteaux n’ont pas disparu. Ils sortiront des tiroirs à la moindre occasion. Mais les institutions sont là pour justement faire en sorte que la société ne soit pas immobilisée ou ruinée par les oppositions. La tâche du politique consistant la plupart du temps à éviter les trop grands dégâts de la division.
Quand Jésus nous demande « Soyez un comme mon Père et moi nous sommes un » il nous place devant un objectif tout autre. Il ne s’agit plus d’enrayer les méfaits de la division, mais d’inverser complètement la tendance. Sachant qu’Il nous a offert le pardon et que son Esprit nous habite, celui-ci nous décentre de nous-mêmes pour nous tourner vers Dieu et vers autrui. Nous n’avons plus besoin de nous opposer à l’autre pour nous affirmer, il nous suffit de l’aimer. Ainsi la variété du genre humain et nos différences individuelles deviennent complémentarité et richesses ajoutées.
Babel signe l’échec de l’homme quand il veut atteindre l’Unité par une simple unification. La Pentecôte atteint l’Unité quand en respectant la variété des langues et des cultures, elle parvient à faire entendre un seul et même message ; « Soyez un comme mon Père et Moi nous sommes UN ».
18 mai 2007
Dernière heure.
Ils sont sincères ces jeunes qui ont perdu l’un des leurs de façon brutale et qui essaient d’exprimer parfois maladroitement leur désarroi lors de ses obsèques. Nous savons que très vite « la vie reprendra le dessus » avec son insouciance et sa légèreté… Jusqu’au prochain… Les plus âgés, eux, jouent les « habitués » et pourtant ils n’ont aucune envie de lâcher prise. Alors, ils fuient eux aussi le problème en affirmant sentencieusement : « C’est la vie ! » sans mesurer une seconde la contradiction flagrante entre ces mots et la situation qu’ils sont sensés décrire : la mort. Ils s’en sortent par le bavardage qui dans ces circonstances atteint le sommet de l’inconsistance. Mais, enfin, tant qu’on parle, on se rassure, on ne pense pas à sa propre fin. Le silence fait peur parce qu’il ressemble justement à la mort. Pourtant Jacques Brel disait dans une interview que « la pensée de la mort était une bonne hygiène de vie ».
Les scientifiques sont formels, la mort est nécessaire à la vie, ne serait-ce que pour une question d’espace et de ressources. L’immortalité signerait paradoxalement la fin de toute vie !
Ceci dit pour la plupart des mortels la mort est absurde. Qu’elle soit nécessaire n’enlève rien à son absurdité. Il n’y a aucun sens à mourir jeune mais pas plus à mourir âgé, si la vie, elle, n’a pas de sens. La vie ? Une bulle d’air surgie du hasard qui vient briller l’espace d’un instant sur un océan de néant. Elle gonfle, elle éclate et disparaît. Rien avant, rien après, et pas grand-chose pendant ; en tout cas, pas de quoi regretter éternellement.
Pourtant depuis que l’home existe il ne se résout pas à ce non sens. Il a le pressentiment que tout ne s’arrête pas parce qu’un muscle, le cœur, ne fonctionne plus, ou qu’un organe, le cerveau, ne répond plus. Il soupçonne que la vie humaine ne se réduit pas aux conditions de son développement. Et c’est pourquoi, il a toujours pris soin d’enterrer ses morts, de ne pas les abandonner comme le font les animaux, de les positionner dans un certain sens, de les entourer d’objets, de compagnons, de nourriture. Ces rites marquent d’ailleurs le passage de l’animalité à l’humanité.
Si les êtres humains de tous les temps ont agi ainsi c’est qu’ils se sont consciemment ou non posé les questions suivantes : La vie aurait-elle pu apparaître si son seul but était de ne plus vivre ? Des êtres auraient-ils pu s’extraire du néant dans le seul but de ne pas être ? Enfin, s’il n’y a rien avant et rien après d’où peut venir en nous cette idée saugrenue d’une autre vie ? C’est parce que la vie posait question, qu’ils se sont demandés si la question n’avait pas un sens ?
Mais quel sens ?
« Ma vie aura le sens que je lui donnerai, parce que j’en suis le maître. C’est moi qui décide où se trouve mon bonheur, celui des autres et comment on y parvient ». L’ennui de cette thèse, c’est que si « je suis maître de moi comme de l’univers », mon voisin peut en dire autant et c’est ainsi que naît la violence.
« Ma vie, je fais l’expérience qu’elle m’a été donnée, qu’il y a un avant moi et qu’il y aura un après moi. Je n’en suis donc pas le propriétaire exclusif et je ne peux seul lui donner un sens. Alors je me retrouve dans la position des chercheurs de sens ou des chercheurs de Dieu. Du coup, cette histoire de résurrection et vie éternelle rapportée par les Evangiles, je me dois d’y accorder quelque attention. Un prophète de Palestine vient nous dire que Dieu s’intéresse à nos vies comme un Père. De même que chacune de nos vies est issue d’un acte d’amour entre un homme et une femme, de même l’univers est né de son Amour et n’a de sens qu’en réponse à cet Amour. Alors la mort est peut être nécessaire, non seulement comme condition de la vie des autres, mais comme condition de communion totale à cet Amour. Ma vie, ta vie, n’est peut- être pas une simple bulle qui éclate et qui s’évanouit mais le signe vivant et consentant d’un amour qui se reçoit, qui se partage, qui se donne et qui redonne Vie.
Ils sont sincères ces jeunes qui ont perdu l’un des leurs de façon brutale et qui essaient d’exprimer parfois maladroitement leur désarroi lors de ses obsèques. Nous savons que très vite « la vie reprendra le dessus » avec son insouciance et sa légèreté… Jusqu’au prochain… Les plus âgés, eux, jouent les « habitués » et pourtant ils n’ont aucune envie de lâcher prise. Alors, ils fuient eux aussi le problème en affirmant sentencieusement : « C’est la vie ! » sans mesurer une seconde la contradiction flagrante entre ces mots et la situation qu’ils sont sensés décrire : la mort. Ils s’en sortent par le bavardage qui dans ces circonstances atteint le sommet de l’inconsistance. Mais, enfin, tant qu’on parle, on se rassure, on ne pense pas à sa propre fin. Le silence fait peur parce qu’il ressemble justement à la mort. Pourtant Jacques Brel disait dans une interview que « la pensée de la mort était une bonne hygiène de vie ».
Les scientifiques sont formels, la mort est nécessaire à la vie, ne serait-ce que pour une question d’espace et de ressources. L’immortalité signerait paradoxalement la fin de toute vie !
Ceci dit pour la plupart des mortels la mort est absurde. Qu’elle soit nécessaire n’enlève rien à son absurdité. Il n’y a aucun sens à mourir jeune mais pas plus à mourir âgé, si la vie, elle, n’a pas de sens. La vie ? Une bulle d’air surgie du hasard qui vient briller l’espace d’un instant sur un océan de néant. Elle gonfle, elle éclate et disparaît. Rien avant, rien après, et pas grand-chose pendant ; en tout cas, pas de quoi regretter éternellement.
Pourtant depuis que l’home existe il ne se résout pas à ce non sens. Il a le pressentiment que tout ne s’arrête pas parce qu’un muscle, le cœur, ne fonctionne plus, ou qu’un organe, le cerveau, ne répond plus. Il soupçonne que la vie humaine ne se réduit pas aux conditions de son développement. Et c’est pourquoi, il a toujours pris soin d’enterrer ses morts, de ne pas les abandonner comme le font les animaux, de les positionner dans un certain sens, de les entourer d’objets, de compagnons, de nourriture. Ces rites marquent d’ailleurs le passage de l’animalité à l’humanité.
Si les êtres humains de tous les temps ont agi ainsi c’est qu’ils se sont consciemment ou non posé les questions suivantes : La vie aurait-elle pu apparaître si son seul but était de ne plus vivre ? Des êtres auraient-ils pu s’extraire du néant dans le seul but de ne pas être ? Enfin, s’il n’y a rien avant et rien après d’où peut venir en nous cette idée saugrenue d’une autre vie ? C’est parce que la vie posait question, qu’ils se sont demandés si la question n’avait pas un sens ?
Mais quel sens ?
« Ma vie aura le sens que je lui donnerai, parce que j’en suis le maître. C’est moi qui décide où se trouve mon bonheur, celui des autres et comment on y parvient ». L’ennui de cette thèse, c’est que si « je suis maître de moi comme de l’univers », mon voisin peut en dire autant et c’est ainsi que naît la violence.
« Ma vie, je fais l’expérience qu’elle m’a été donnée, qu’il y a un avant moi et qu’il y aura un après moi. Je n’en suis donc pas le propriétaire exclusif et je ne peux seul lui donner un sens. Alors je me retrouve dans la position des chercheurs de sens ou des chercheurs de Dieu. Du coup, cette histoire de résurrection et vie éternelle rapportée par les Evangiles, je me dois d’y accorder quelque attention. Un prophète de Palestine vient nous dire que Dieu s’intéresse à nos vies comme un Père. De même que chacune de nos vies est issue d’un acte d’amour entre un homme et une femme, de même l’univers est né de son Amour et n’a de sens qu’en réponse à cet Amour. Alors la mort est peut être nécessaire, non seulement comme condition de la vie des autres, mais comme condition de communion totale à cet Amour. Ma vie, ta vie, n’est peut- être pas une simple bulle qui éclate et qui s’évanouit mais le signe vivant et consentant d’un amour qui se reçoit, qui se partage, qui se donne et qui redonne Vie.
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