09 avril 2026

Allo ! Docteur ?

 Il se dit que l’hôpital est malade, que le personnel soignant est en grande difficulté, qu’il frôle la dépression totale et que « le manque de moyens » est récurrent. Dans certains secteurs du rural profond, il est même recommandé de se renseigner pour savoir si les urgences fonctionnent avant de monter sur une échelle ! Les maires, administrateurs des déserts médicaux, envoient les ordonnances les plus alléchantes aux médecins qui veulent guérir de « l’urbanité aigüe »! En fin de compte, tous ces grands malades se tournent vers le gouvernement qui, comme chacun le sait, est composé de spécialistes en maladies chroniques qui explosent tous les 5 ans!

 Il y a, cependant, dans certains bourgs de campagne habités par une majorité de personnes âgées, des médecins qui « fonctionnent à l’ancienne ». Pour prendre un rendez-vous, inutile de déranger « doctolib », de vous enregistrer sur une liste d’attente, de surveiller une heureuse défection pour vous insérer dans la file des inscrits, d’entendre une voix informatisée  (faites le 1, cliquez sur…), de vous tromper  plusieurs fois parce que vous n’avez pas suivi le protocole et, au final, de faire exploser votre tension artérielle. Vous prenez tout simplement votre bon vieux téléphone, vous appelez le cabinet médical. Et, miracle, une voix vivante  vous répond : celle de votre médecin qui vous donne, lui-même, le rendez-vous si convoité.

 Entendre une voix humaine, vous soulage déjà d’une partie vos douleurs et vous réconcilie avec l’humanité. Il est certain que ces appels répétés viennent perturber la consultation de celui ou de celle qui était  en train d’expliquer ses symptômes et craint que la mémoire du praticien perde le fil interrompu des explications données.

Mais ceux et celles qui regretteraient  les ordres anonymes et informatisés de la bande enregistrée, ne perdent rien pour attendre. Il leur faudra peut-être consulter un spécialiste qui leur donnera rendez-vous dans 3 ou 4 mois, avant d’avoir la chance d’être admis à l’hôpital, lui-même au bord de l’agonie.

Merci docteur, d’avoir utilisé le plus bel outil de notre humanité : la parole vivante!  Et le Verbe s’est fait voix et la voix était la vie!