15 septembre 2020

Slogan pour une rentrée : « A vin nouveau, outres neuves »


 Chez nous, l’outre s’appelait la gourde. Elle faisait partie des instruments aratoires indispensables à une bonne fenaison. A la pause, les hommes se lançaient un défi. Il fallait presser la gourde à bout de bras et  ingurgiter le filet de vin le plus longtemps possible sans qu’une goutte ne tombe en terre ou sur le col de la chemise, pendant que les concurrents essayaient à grand bruit de faire rire le candidat! 


On comprend bien que la fermentation du vin nouveau, surtout dans les pays chauds, s’accommodait mal des vieilles outres trop rigides et cassantes. De même, nos gourdes neuves n’étaient pas très appréciées par les amateurs de bon  breuvage. Ils préféraient, disaient-ils, les « culotter » en les laissant s’imprégner longtemps de vieilles piquettes et de fonds de bouteilles. Ainsi, après ce temps de noviciat du cuir, le liquide enfermé ne prenait pas le goût de la peau trop fraîchement tannée.
« A vin nouveau, outres neuves ». Par cette sentence lapidaire, Jésus voulait signifier la nouveauté radicale de son message qui redonnait une seconde jeunesse à la Loi ancienne, quand il ne renversait pas totalement des pratiques religieuses admises depuis toujours.
La foi au Christ ne peut jamais épouser une culture, ou une opinion générale sans introduire en son sein une sorte de ferment  qui tôt ou tard fera sauter le bouchon de la pensée établie. Hélas, nous sommes tellement prudents, soucieux de la solidité de nos vieilles outres et méfiants quant à la qualité des outres neuves que notre foi s’accommode de toutes les peaux durcies de nos conformismes et de nos faux plis!  Pourtant, comment imaginer que l’Esprit de Dieu puisse être contenu et retenu dans les flasques, les fioles, les flacons et les bouteilles, même prestigieuses, de nos chais parfaitement rangés et aseptisés. Oser des outres neuves ? Oui, mais à condition qu’elles consentent à un temps d’adaptation, comme nos gourdes, pour prendre du bon goût.


A la fin de la journée de travail et de concours arrosés, il arrivait que l’un ou l’autre des journaliers soit « plein comme une outre ». C’est ce qu’on disait déjà  des disciples du Christ à la Pentecôte… mais c’était de l’Esprit Saint ! Puissions-nous l’entendre encore, nous concernant… 


2 commentaires:

Unknown a dit…

"Oser des outres neuves Oui mais à condition qu'elles consentent à un temps d'adaptation comme nos gourdes, pour prendre du bon goût". Et c'est l'oeuvre de l'Esprit Saint !
Comme cela est juste et vrai :

Unknown a dit…

J'apprécie beaucoup ce texte, plein de foi et de bon sens. MERCI