26 mai 2008

Pâquerettes.
« A vivre au ras des pâquerettes, on finit par beugler », c’est ainsi que j’ai introduit, avec un sourire un peu forcé, une célébration de fête de village. Silence étonné de l’assistance. Je venais d’entendre quelques sons gutturaux émanant d’une tablée de jeunes qui manifestement terminaient, en plein air, une nuit de beuverie et saluaient mon arrivée la bouche pleine. L’imbécillité se veut éloquente mais, quand elle a bu, il lui manque les mots.
Et pour commenter mes propos, je citais une mère de famille qui quelques jours auparavant avait apostrophé ses grands jeunes en leur disant: « Si nous continuons à vivre ainsi nous allons finir comme des bêtes. Nous travaillons beaucoup, nous entamons de nouveaux projets, nos activités se multiplient et nous n’arrêtons jamais pour donner un sens à tout cela, pour vivre gratuitement avec les autres de bons moments de fraternité et, ajoutait-elle, pour remercier Dieu.» Travailler, manger, se reproduire, se reposer, c’est à peu de choses près le programme du règne animal.
Après cette mise en condition, je remerciais les quelques jeunes du comité d’avoir voulu donner une autre dimension à la fête du village, une autre table, pour que ceux qui le désiraient puissent se retrouver sur l’essentiel, sur quelques valeurs communes qui fondent notre vivre ensemble. Au fin fond de la campagne béarnaise, nous mettions en pratique ce que nos grands prophètes républicains réclament pour notre société, c’est à dire quelques repères aptes à redonner du sens au travail, du plaisir à la vie familiale, du goût pour l’avenir et de l’espoir pour le genre humain. Ai- je été entendu ? Je l’ignore ; au moins, on m’a écouté.

2 commentaires:

Anonyme a dit…

MEEEEEEEUH !

Pascal a dit…

Excellent monsieur le curé.