16 juin 2007

Sujet du bac

« Monsieur et très honoré grand-père.
Vous serez sans doute surpris que n’ayant jamais pris la liberté de vous écrire et m’étant jusques ici contenté de prier mon père de vous assurer de mes respects, je m’adresse aujourd’hui particulièrement à vous. Les bontés que vous avez toujours eues pour moi et l’affection singulière dont vous m’avez donné tant de preuves, m’engagent à faire cette demande, autant pour vous donner des marques de ma juste reconnaissance, que pour vous donner occasion de faire éclater encore votre bon cœur… » Suit une demande de subsides pour acheter quelques bons livres… « J’espère que vous voudrez bien avoir la bonté de me les envoyer au plus tôt. Cette nouvelle marque d’affection et de tendresse jointe à toutes celles que j’ai reçues de vous ne fera qu’augmenter ma reconnaissance, sans rien diminuer du respect profond et du dévouement parfait dans lesquels je suis…. »
Je suis resté pantois lorsque j’ai lu cette missive magnifiquement calligraphiée et rédigée en l’année 1728 par l’un de mes aïeux. En entendant le personnel de l’éducation nationale réclamer sans cesse de nouveaux moyens pour faire face à sa mission, j’imagine à peine ceux qui étaient à la disposition du maître d’école d’un petit village à cette époque là. Et pourtant le résultat est là. Quel élève de troisième aujourd’hui pourrait rivaliser avec ce fils de laboureur ?
Même réflexion en regardant un film de Pagnol, diffusé récemment, qui nous replongeait dans l’ambiance de l’école du début du 20ème siècle. Ne pourrait-on pas en deçà des moyens, se poser d’abord la question de la finalité de l’enseignement ? Les élèves retrouveraient peut-être le goût ou du moins les raisons d’apprendre et les enseignants, aidés par les parents, le feu sacré de nos vieux maîtres qui s’acharnaient jusqu’à ce que des gamins de quatorze ans acquièrent et gardent pour la vie une bien belle écriture et un style recherché. Honneur aux enseignants qui se passionnent encore pour cette noble tâche et courage aux candidats !

1 commentaire:

Christine a dit…

A l'heure où vouloir que ses enfants sachent simplement lire, écrire sans faute et compter en arrivant en 6ème parait rétrograde, voire "réac", cela fait plaisir de lire cet article.