06 février 2007

Roma !

En gravissant les 320 marches qui conduisent à la coupole de la Basilique St Pierre, je me demandais ce que pouvait penser le petit patron de pêche du lac de Tibériade, en contemplant cet édifice gigantesque construit en sa mémoire. En bas dans l’allée centrale, on a pris soin de matérialiser les dimensions des plus vastes cathédrales du monde pour bien montrer qu’aucune ne rivalise avec celle-ci. Devant ce concours de vanités mondaines la moutarde doit monter à la moustache de notre impétueux premier apôtre.
Pourtant lorsqu’on débouche au niveau inférieur de la coupole, le sens des vanités s’inverse. Les 800 tonnes de bronze du baldaquin du Bernin ne font pas plus d’effet qu’une légère pergola et les humains qui circulent à ses pieds- y compris les « princes » de l’Eglise- ressemblent à des moucherons électrisés par une frénétique et éphémère agitation.
Heureuse basilique qui porte en elle-même l’image paradoxale de notre condition. « Il le fit à peine moindre qu’un dieu… » souligne le psaume et pourtant « ses jours sont comme l’herbe qui passe… »
Bienheureuse Eglise qui échoue à dire Dieu par une seule de ses dimensions. En effet, Il est à la fois dans la grandeur et la splendeur mais aussi dans la profondeur de l’insignifiante cavité de la tombe de Pierre et, je l’espère, dans la largeur des cœurs des moucherons pensants et croyants qui arpentent la longueur…